he donc ça suppose pas du tout l'autogouvernement mais l'auto-organisation ce qui est pas la même chose d'ailleurs souvent il le dit
auto-organisation là autog-ouvernement dans cette phrase c'est malheureux en
tout cas ce que tu ce que tu mets en en avant
La tradition anarchiste
dans ton livre de la tradition anarchiste qu'on essaie de réactualiser
réactiver c'est que bah anarchiste veut dire anarchiste c'est-à-dire pas de principe quoi et donc pas le comun en
principe pas d'arqué et cetera mais ça implique du coup qu'est-ce qui qu'est-ce qui est le point de départ
sans être un commencement ni un commandement ben toi tu repempasses par fouo pour dire c'est c'est pas le
gouvernement et la raison à partir de laquelle on gouverne le commun ou le roi
ou le droit divin c'est la résistance tu dis que ce qui vient en premier c'est la résistance et c'est ça l'Axiom
anarchiste de base et c'est d'ailleurs parce qu'on résiste parce que le pouvoir est pas possible parce que la propriété
est pas possible que euh bah que il y a des évolutions du du gouvernement que il y a des transformations de la propriété
c'est parce que ell lutent contre leur propre impossibilité de fait non résistant euh et d'avance à partir de là
pour dire que en en définitive quelque chose que j'ai pas totalement compris
mais du coup peut-être tu peux essayer de l'expliciter cette idée que du coup vu qu'on on va pas chercher
à structurer la politique la forme de vie autour du commun euh tu dis que le commun c'est personne
h et que le commun c'est pas rien c'est
personne et personne sait pas rien personne n'est pas commun personne n'appartient à personne et c'est loin de
vouloir rien dire ou de n'être rien personne n'appartient à personne une deième fois on ne peut pas mettre personne en commun et qu'est-ce que çael
signifie de faire de mettre en avant non plus le commun mais la personne et la
personne comme étant personne mais ça renvoie le personne ça renvoie à l'épave dont on parlait tout à l'heure voilà et
et c'était un clin d'œil à euh c'était un clin d'œil j'en parle mais il faudra
que je développe plus à euh aux pensées de de Jean-Luc Nancy ou de Maurice
Blanchot sur la communauté hein la communauté qu'elle soit inavouable désœuvré ou comme on voudra qui est
quand même une pensée de la communauté des communs et cetera euh et qui exprime une nostalgie euh du communisme
euh qui existe à mon avis aussi chez des gens comme dardau et Laval hein
c'est-à-dire que ils ont beau dire que ils ont beau parler de l'échec
soviétique et cetera on voit bien que la façon dont ils partent du commun comme d'un principe et ça c'est c'est vrai
aussi chez Blancho génci euh témoigne quand même d'une
oui d'une d'une confiance dans dans le projet communiste et et ça je quand quand proudon dit le
pouvoir est toujours divisé ça veut dire le pouvoir n'appartient à personne voilà ça veut dire le pouvoir n'appartient à
personne l'anarchisme c'est ça donc donc le point principal n'est pas le commun
le point principal c'est ça c'est le problème c'est que il est très difficile de mettre personne en commun ce qui veut
pas dire qu'il y aura pas la commune mais il y aura pas un système procédant soit de la discipline
de partie soit de qui va qui va venir ça dans haut h oui dans dans le livre il y
Dardo et Laval
a un moment une petite pique que que tu avais remarqué de à dardo et Laval ah si
dardo si la si les communars si la commune avait lu dardo et Laval oh là là
ça ait été çaurit ça aurait passé auudessus de la tête elle elle fonctionnait quand même et l'anarchisme
enfin c'est ce qu'il le prône en tout cas toutes les différentes tradition anarchiste le problme c'est que le pouvoir ne reste jamais aux mains d'une
même personne très longtemps c'est quand même l'idée que les mandats sont courts et révocables ce qu'on peut ce qu'on
trouve jamais dans le communisme jamais une des hypothèses qu'on a pu
voir avec Pierre Madelin je sais pas pourquoi ça raisonne avec le l'écofascisme enfin ces analyses de
l'écofascisme une des hypothèses de gouvernance future des
comment c'était celle d'un Mao vert c'était il y a l'hypothèse du Mao
vert euh d'ailleurs que Assil à président chinois c'est quand même un peu ça en quelque sorte et
euh si on on arrive un peu vers la fin du livre en fait ce qu'on ce qu'on
découvre c'est que enfin c'est ce que tu découvres enfin ce que vous découvrez
après après avoir écrit philosophie anarchie au voleur c'est
que finalement poudon qui dit je suis anarchiste et qui est le premier à se nommer anarchiste euh positivement à
prendre anarchie au sérieux euh il hérite quand même de quelque chose il
hérite de de débats de de de conflits qui qui ont lieu au cours de la
Révolution et vous en tirez encore une fois une une analyse de du non appropriable est-ce que vous pouvez déjà
nous dire comment la Révolution a pas été seulement une révolution de patriotes qui formaient un état
révolutionnaire mais aussi de son culotte anarchiste qui voulait sa ou oui j'ai découvert grâce à des articles
aussi d'historiens que le mot anarchie euh et le calificatif
d'anarchiste était en fait une insulte courante dans les débats révolutionnaires H qui pouvait qualifier
alors tout est tout est n'importe quoi tantôt les S culottes et et les euh tous ceux qui voulaient l'égalité aussi bien
que les monarchistes on disait les monarchien à l'époque ou ou Robespierre ou la terreur ou voilà c'était une
insulte qui circulait comme ça parce que au fond la grande question c'était
euh qu'est-ce que la République et qui est l'ennemi de la République et et et l'ennemi de la République c'était
l'anarchiste mais ça pouvait changer de sens constamment ça je le savais pas je je je je en fait la la Révolution
française est un grand débat sur l'anarchie hein et et proudon évidemment
récupère la chose et et donne un sens nouveau à ce terme c'est ça me fait une
question je sais pas à quel point elle est pertinente mais si anarchie c'est le terme qui désigne l'antagoniste
de la
L'antagoniste de la République
République ou aujourd'hui le terme qui revient en permanence c'est pas anarchiste c'est terroriste c'est enfin
tout le monde est un terroriste potentiel mais un anarchiste aussi d'ailleurs he beaucoup beaucoup mais un anarchiste
aussi mais du coup est-ce que est-ce que bonà c'est vraiment une question ouverte mais quel est le régime
auquel final finalement s'oppose le terroriste enfin je veux dire si les
républicains se défendent en voyant des anarchistes partout qui qui sont quel est le régime qui est défendu par il y a
des terroristes partout un régime qui a peur de la terreur plutôt que de l'absence d'Ar c'est vraiment une question quand
quand proudon dit il n'y a pas eu de révolution ce ce qui est le titre de mon livre c'est une phrase de proudon il n'y
a pas eu de révolution ça veut dire il y a pas eu de République donc en fait les républicains qui accusent les terroristes de ne pas être républiqu
en fait accuse les républicains de ne pas être républicain h et de dire qu'est-ce que c'est que cette république
que que vous nous défendez sans cesse c'est une monarchie euh voilà pour aller
vite hein pour aller vite d'accord et il reste quand même une
La propriété, c'est le vol
question qu'on n pas vraiment abordé alors que c'est quand même le centre du truc du livre et de du texte de proudon
et c'est la phrase la plus connue on en a parlé très rapidement mais c'est la propriété c'est le vol le vol et euh et
euh et alors on en a on a évoqué la critique de Marx c'est une contradiction
dans les termes parce que la propriété peut pas être le vol il faut présupposer la propriété pour pouvoir penser le
vol ce qui déclenche dans votre livre une sorte une réflexion que vous
accollez à des questions décoloniales aussi à des des euh vous parlez d'un
auteur don j'ai oublié oui niichols qui euh qui qui commande
45:00
Prodon pour
renverser en disant en gros le vol c'est la propriété comment on se dépatouille de
cette évidente contradiction qui est bah effectivement la il faut qu' proprié fa
d'abord propriété et donc comment débat cette contradiction vous faites l'hypothèse de la performativité mais en
quel qu'est-ce que ça veut dire?
bah d'abord que que proudon n'était pas un imbécile et que et que il avait bien
compris que dire la propriété c'est le vol était une contradiction puisque effectivement il faut bien qu'on ait d'abord quelque chose pour qui est vole
mais comme j'essayé de de de l'expliquer euh il il montre que la propriété est un
acte inaugural qui apparaît à la Révolution française hein la propriété privée apparaît en 789 pas avant bon
donc c'est un acte inaugural j'appelle ça un performatif parce que ça fait exister quelque chose qui n'existait pas
avant HM pourquoi le vol parce que cette cet acte efface une
mémoire si si on si on n'accepte pas l'idée que le vol chez proudon c'est
d'abord un vol de mémoire on comprend pas la propriété c'est le vol si on pense à l'argent ou au bien matériel on comprend pas ce que ça veut dire non la
la propriété c'est le vol veut dire la propriété inaugure un régime politique
et économique qui efface le précédent de telle sorte que on s'en souvienne pas.
l'oubli de l'histoire cette fois c'est
l'oubli de la permanence et pas l' de l'histoire en tant que variation c'est ça ouais
voilà ce qui veut ce.
il y a aussi un sens économique qui est que voilà le prolétaire enempoche le surplis de
valeur et cetera mais mais ça ça n'a de sens que fondé sur ce sens politique qui est
moi moi je compare ça si vous voulez l'invention de la propriété pour proudon à un trauma c'està-dire un événement qui
frappe comme ça et qui et qui qui à la fois fait oublier ce qui ce qui
précédait et en même temps on garde la trace voyez ce que je veux dire voilà c'est un événement traumatique.
euh h
mais du coup nous sommes enfermés depuis la Révolution française dans une
Nous sommes enfermés depuis la Révolution française
sorte de dénis de la continuité his enfin historique de la servitude
c'est
ça
on croit en France on est très fier parce qu'on croit en estêtre sortiou évidemment c'est ça la France dire ah
ben nous on n pas esclave on peut peut-être finir sur sur sur le moment justement de la France terre de liberté
euh je sais pas parce que c'est peut-être la discussion qu'on a eu avant du coup je commence à confondre les choses parceque j'ai bu beaucoup de vin
mais oui d'une certaine manière dans le livre
il y a pas que une généalogie du prodonisme et cetera il y a aussi une
une critique d'un certain nombre de d'autocongratulations françaisoui la
France terre de liberté voilà la France terre de liberté et vous revenez sur le fait qu'il a quand même un dénis de l'esclavage qui est lié à une sorte de
déterritorialisation de l'esclavage voilà il est dehors donc ça va on n'est pas esclavagiste c'est ça est-ce que
quel était quelle est l'importance pour toi vous de revenir à ce moment-là
pourf revenir à à proudon au droit d'obben à à la servitude médiévale
féodale pour relire le présent pourquoi pourquoi c'est devenu nécessaire je suppose qu'en partie c'est
lié au fait que bah des hommes politiques comme Macron
se revendiquent de ça mais
comment B
écoutez moi moi je je pense que enfin moi ce qui m'a frappé d'abord
je voudrais quand même dire que dans le livre je n'ai pas fait que critiquer la Révolution française faut pas non plus
je veux dire c'est c'est quelque chose d'énorme la Révolution française he qu'on soit bien d'accord et pr on le sait bien et et c'est ce qui nous
différencie de beaucoup de pays qui ont gardé la monarchie officiellement et Cera mais mais je crois que c'est aussi
un prétexte à fabrication de mythologie qui me par important de de de de de défaire voilà
c'est-à-dire pourquoi c'est important aujourd'hui ben parce que on va avoir un discours sur tout sain l'ouverture on va
avoir un discours sur la France terre de liberté aussi bien en France que dans que dans que dans les les DomTom et
cetera et cetera qui qui me paraît voilà mythologique donc donc je pense que
c'est ça qu'il faut parce que parce que ça occulte ça occulte la réalité
d'une d'une oppression sociale voilà .
peut-être il y a une dernière question
sur la méthode ou sur la démarche d'une certaine manière la
philosophie en tout cas je pas dans le dernier livre votre pratique de la philosophie consistait à repérer un
certain nombre de dénis théorique philosophique concernant la possibilité même de de de vivre sans
arqué quoi vivre sans vivre en anarchiste euh là j'ai l'impression que dans ce
livre que ce à quoi sert la philosophie c'est un à nous faire rouvenir un
certain nombre de choses qui est en fait empêché par un récit par donc en gros
c'est un livre adressé en partie à un grand récit national un roman Le roman
national le roman national ouis c'est vrai ce qui veut dire que le roman national est revenu c'estàdire que ça fait plusieurs années que ça devient de
plus en plus entêtant mais on nous raconte des choses sur la France surid al que il y a plus d'ascenseur sociale.
alors que tout ce qui était censé être possible grâce à la propriété privée et à la séparation privée publique ne l'est
plus donc ce roman national qui revient en force la République et cetera et
cetera la civilité est de plus en plus contradictoire avec avec la réalité
sociale [Musique]
donc c'est un acte inaugural j'appelle ça un performatif parce que ça fait exister quelque chose qui n'existait pas
avant HM pourquoi le vol parce que cette cet acte efface une
mémoire si si on si on n'accepte pas l'idée que le vol chez proudon c'est
d'abord un vol de mémoire on comprend pas la propriété c'est le vol si on pense à l'argent ou au bien matériel on comprend pas ce que ça veut dire non la
la propriété c'est le vol veut dire la propriété inaugure un régime politique
et économique qui efface le précédent de telle sorte que on s'en souvienne pas l'oubli de l'histoire cette fois c'est
l'oubli de la permanence et pas l' de l'histoire en tant que variation c'est ça ouais
voilà ce qui veut ce il y a aussi un sens économique qui est que voilà le prolétaire enempoche le surplis de
valeur et cetera mais mais ça ça n'a de sens que fondé sur ce sens politique qui est
moi moi je compare ça si vous voulez l'invention de la propriété pour proudon à un trauma c'està-dire un événement qui
frappe comme ça et qui et qui qui à la fois fait oublier ce qui ce qui
précédait et en même temps on garde la trace voyez ce que je veux dire voilà c'est un événement traumatique
euh h mais du coup nous sommes enfermés depuis la Révolution française dans une
Nous sommes enfermés depuis la Révolution française
sorte de dénis de la continuité his enfin historique de la servitude c'est
ça on croit en France on est très fier parce qu'on croit en estêtre sortiou évidemment c'est ça la France dire ah
ben nous on n pas esclave on peut peut-être finir sur sur sur le moment justement de la France terre de liberté
euh je sais pas parce que c'est peut-être la discussion qu'on a eu avant du coup je commence à confondre les choses parceque j'ai bu beaucoup de vin
mais oui d'une certaine manière dans le livre
il y a pas que une généalogie du prodonisme et cetera il y a aussi une
une critique d'un certain nombre de d'autocongratulations françaisoui la
France terre de liberté voilà la France terre de liberté et vous revenez sur le fait qu'il a quand même un dénis de l'esclavage qui est lié à une sorte de
déterritorialisation de l'esclavage voilà il est dehors donc ça va on n'est pas esclavagiste c'est ça est-ce que
quel était quelle est l'importance pour toi vous de revenir à ce moment-là
pourf revenir à à proudon au droit d'obben à à la servitude médiévale
féodale pour relire le présent pourquoi pourquoi c'est devenu nécessaire je suppose qu'en partie c'est
lié au fait que bah des hommes politiques comme Macron se revendiquent de ça mais
comment B écoutez moi moi je je pense que enfin moi ce qui m'a frappé d'abord
je voudrais quand même dire que dans le livre je n'ai pas fait que critiquer la Révolution française faut pas non plus
je veux dire c'est c'est quelque chose d'énorme la Révolution française he qu'on soit bien d'accord et pr on le sait bien et et c'est ce qui nous
différencie de beaucoup de pays qui ont gardé la monarchie officiellement et Cera mais mais je crois que c'est aussi
un prétexte à fabrication de mythologie qui me par important de de de de de défaire voilà
c'est-à-dire pourquoi c'est important aujourd'hui ben parce que on va avoir un discours sur tout sain l'ouverture on va
avoir un discours sur la France terre de liberté aussi bien en France que dans que dans que dans les les DomTom et
cetera et cetera qui qui me paraît voilà mythologique donc donc je pense que
c'est ça qu'il faut parce que parce que ça occulte ça occulte la réalité
d'une d'une oppression sociale voilà peut-être il y a une dernière question
sur la méthode ou sur la démarche d'une certaine manière la
philosophie en tout cas je pas dans le dernier livre votre pratique de la philosophie consistait à repérer un
certain nombre de dénis théorique philosophique concernant la possibilité même de de de vivre sans
arqué quoi vivre sans vivre en anarchiste euh là j'ai l'impression que dans ce
livre que ce à quoi sert la philosophie c'est un à nous faire rouvenir un
certain nombre de choses qui est en fait empêché par un récit par donc en gros
c'est un livre adressé en partie à un grand récit national un roman Le roman
national le roman national ouis c'est vrai ce qui veut dire que le roman national est revenu c'estàdire que ça fait plusieurs années que ça devient de
plus en plus entêtant mais on nous raconte des choses sur la France surid al que il y a plus d'ascenseur sociale
alors que tout ce qui était censé être possible grâce à la propriété privée et à la séparation privée publique ne l'est
plus donc ce roman national qui revient en force la République et cetera et
cetera la civilité est de plus en plus contradictoire avec avec la réalité
sociale [Musique]